L'AIKIDO : VOYAGE AU COEUR D'UN ART MARTIALProfesseur d'aïkido au sein de la SNCF depuis 1996. Patrice Reuschlé, passionné de son art, nous ouvre les portes d'une discipline qui occupe une place particulière parmi les arts martiaux... au coeur d'une tradition d'ouverture et d'échange. Patrice Reuschlé, quand avez-vous décidé d'introduire l'aïkido au sein de la SNCF ?"J'Ai commencé à enseigner l'Aïkido au sein de la SNCF en septembre 1996 sur Paris Sud Est, rue de Charenton (12e), à la demande d'un professeur de judo avec qui je pratiquais en tant qu'élève au dojo. Différentes disciplines martiales y étaient représentées, mais pas l'aïkido : je ne connaissais qu'un seul club d'Aïkido au sein de la SNCF, celui de la gare Saint Lazare. Alors j'Ai eu envie de faire découvrir aux agents SNCF cette discipline qui proscrit la violence et valorise l'aspect relationnel, la communication, l'écoute dans l'échange, autant d'aspects que l'on n'attendrait pas a priori d'un art martial, et qui sont pourtant si nécessaires à chacun d'entre nous... Bien sûr, les débuts n'ont pas été très faciles. Malgré plus d'une vingtaine d'inscriptions dès la première année, il m'est souvent arrivé de faire cours à 1 ou 2 élèves tout au plus, mais c'est comme cela aussi, que l'on fait connaître une discipline...Que cherchent en général les élèves qui viennent s'inscrire à l'aïkido ?D'une façon générale, les élèves sont à la recherche d'un art martial qui, à travers un conflit, débouche sur le dialogue, et leur apporte un bien être physique et mental, en même temps qu'une rencontre avec l'autre ; en ce sens, l'aïkido, c'est le dépassement de l'agressivité. A travers un contact, une technique, l'élève gère le conflit, qu'il pourra gérer aussi hors tatami, dans le monde extérieur. Mais l'expérimentation des techniques est avant tout une rencontre, volontaire, entre des partenaires issus d'horizons différents, qui hors ce cadre ne se seraient peut-être pas donné la peine ou les moyens de se rencontrer.Existe-t-il un profil type d'aïkidoka ?Je ne sais pas s'il existe un profil type pour pratiquer l'aïkido. Je pense que ceux qui s'engagent sur cette voie ont en commun de ne pas tant chercher à prendre l'avantage sur autrui qu'à vouloir avancer pour eux-mêmes ; la tolérance et le respect, de soi-même et des autres, occupent une place très importante en aïkido.Pensez-vous que l'aïkido soit une discipline difficile ?Chacune, chacun à son approche personnelle de la question ! (rires) Pour ma part, je crois que l'aïkido est difficile dans son approche technique, car il fait appel à un geste, un déplacement simples en apparence, fixés dans le temps au moment juste, avec confiance et sérénité. Cela fait beaucoup de conditions à réunir, et pour les plus patients, il faut une vie pour apprendre ; heureusement l'on peut en puiser bien avant de nombreuses satisfactions ! Ce qui est sûr, c'est que l'on s'enrichit tout simplement en avançant.Quels sont selon vous les principaux bénéfices qu'un pratiquant va pouvoir retirer de sa pratique ?La technique ne représente qu'une toute petite part de l'aïkido, qui reste avant tout, au sens large, l'art d'arrêter les problèmes avant qu'ils ne se manifestent. C'est un art d'anticipation et de patience. Au travers d'une pratique attentive, l'élève va se trouver à l'écoute de son propre corps, cultiver l'humilité devant le geste de l'autre, qui lui permet de travailler. En aïkido, l'on a invariablement besoin de l'autre. Pour apprendre, il faut être deux en des rôles inversés, sachant qu'il n'est pas si facile de déplacer son corps, surtout dans un premier temps. C'est pour cette raison aussi que l'aïkido se distingue des autres arts martiaux par son absence de compétition : c'est un art de vie et d'échange, où la progression est avant tout individuelle et constante.Deux mots sur l'étiquette :"L'étiquette" présente en aïkido est héritée de la tradition japonaise du Budo. C'est l'art de saluer, tout d'abord, en entrant sur le tatami, le Kamisa, ou mur d'honneur – supportant le portrait du fondateur de la discipline – ensuite le partenaire avec lequel l'on s'apprête à travailler : c'est la forme symbolique qu'adopte le passage de la vie ordinaire à un mode de travail bien particulier. Pour nos esprits occidentaux, c'est un code qui peut paraître un peu strict, mais je crois qu'il faut la voir essentiellement comme une marque de respect et qu'elle ne doit pas être bloquante pour la pratique.D'après votre expérience de professeur, quelles sont les étapes qui rythment la progression des élèves ?L'une des difficultés majeures que rencontrent les élèves réside en la synchronisation des mouvements du corps, dans l'espace et à travers le déplacement. Au début, il y a tellement de choses nouvelles à penser en même temps ! Puis avec le temps, les gestes se mettent en place doucement, d'une manière naturelle.L'Aïkido et les enfants...Comme toute autre discipline, l'aïkido bien sûr est à proposer aux enfants, qui doivent cependant rester libres de décider de leur implication, pour pleinement s'y épanouir. Ils y découvriront le sens de l'échange et tous les bienfaits de l'apprentissage par le jeu. Un enfant peut commencer tôt, mais je crois que 10, 12 ans, sont de bons âges pour débuter, en favorisant à la fois l'exercice physique et le développement de la concentration.Y a-t-il d'autres professeurs au sein de vos clubs ?J'Ai choisi, pour enseigner dans mes dojos, des professeurs qui sont issus du même courant que le mien, mais dont l'approche de l'enseignement est sensiblement différente : dans la finalité, je pense que nous nous complétons. Pour les élèves, c'est un plus je crois de pouvoir bénéficier ainsi de différents cours.Comment s'organise la vie dans vos clubs ?Je gère aujourd'hui le dojo Gare de l'Est, que j'Ai créé, ceux de la Gare du Nord, de Montparnasse et de la Porte de Charenton, ce qui représente une moyenne de 120 élèves inscrits environ dans l'ensemble des clubs. Tous les niveaux sont représentés, du débutant complet à la ceinture noire. Le club est un lieu d'échange important. A travers l'Aïkido, j'y cultive très fortement la convivialité avant et après le cours. C'est un lieu de vie, où l'on échange infos et moments festifs.L'Aïkido m'a permis de connaître au sein de mon club des gens formidables. Je peux voyager dans le monde entier, si un aïkidoka y réside, c'est un ami que je trouverai. C'est la seule discipline où j'aie rencontré autant de gens ouverts et disponibles en permanence et dans le temps." Propos recueillis par Florence Pérochain - 19 juillet 2010
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Dojo de Montparnasse
Ouverture tous les mardis et vendredis de 19h à 20h30, à partir du 7 septembre 2010
Arrêt des cours pour tous les Dojos durant les vacances d'été
Reprise des cours : le 6/09/2010
Passage de Ceintures Noires, et brevet fédéral :
Toutes nos félicitations à Guiorgui et Gérald en 1er Dan et Nikola en 2ème Dan qui ont réussi avec brio leur examen les 5,6 juin.Bravo à Edouard qui a réussi son examen au brevet fédéral samedi 26 juin 2010. Partenariat avec la MGC (mutuelle)
Toute nouvelle inscription d'adhérent de la MGC dans une de nos sections d'Aïkido ayant signée un partenariat avec la MGC, bénéficie d'une réduction de 10€ sur sa cotisation de club.
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